Moi et le tatouage

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Je devais avoir 12 ans quand je suis tombée sur un reportage concernant le tatouage sur Arte. Je me souviens de femmes tatouées, une lumière rouge. J’ai été subjuguée, aspirée, inspirée, noyée par cette révélation, dans une expérience presque extatique qui tient de l’ordre du biblique. J’ai été impactée. Je me suis dit : « Je veux faire ça plus tard. » Lire la suite

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Mon corps un an et demi après l’accouchement

Même pas trois semaines après avoir donné naissance à mon merveilleux Zebulon, j’écrivais ce billet sur mon corps.
Impatiente.
Et espérant que la nature fasse bien les choses.

Près de 17 mois plus tard ou presque, je dresse un nouveau constat. Pas très heureux.
La nature n’a rien fait de ce qu’elle avait défait.

Soit.

J’ai mis de l’eau dans mon vin.
Je ne veux plus être mince, non, j’ai accepté que mon corps ait changé.
Qu’il porte (un peu) les marques de cette dernière grossesse.
De ces années passées.
Que mon corps soit plus épais, plus confortable.

Si je ne me ferai jamais opérer des seins – qui en ont pris un énorme coup cette grossesse -, je ne les assume pas du tout.

Soit.

Mais je ne veux plus de ce ventre un peu rond, de ces hanches rondouillardes, de cette taille de mamie et de ces cuisses épaissies, de ces bras un peu gros qui s’écrasent un peu trop.

Quelques unes me diront de faire un régime. La fatigue, les nuits hachées, l’allaitement, les hormones peut-être, la gourmandise un peu, je suis incapable de faire un régime. Supprimer tout dessert le soir, supprimer le sucre le matin, je sais faire. Manger que des feuilles de salade non merci, je ne suis ni une tortue ni une limace.

Et puis mon poids est pourtant mieux que celui d’avant grossesse.
Le problème n’est pas le poids… mais la forme.

Je ne me reconnais plus quand je m’aperçois au détour d’un miroir.
Le pire a été à la piscine, dernièrement. Et ça a fait mal.
Très mal.
Comme l’impression de porter un gros pull par-dessus tout mon corps.
Je porte un une pièce désormais.
Moi, celle qui portait des bikinis.
Celle qui était animatrice en boîte de nuit avec ses talons et sa mini-jupe.
Celle qui portait un 36 avec un haut moulant.
Et des seins qui tiennent tout seul.
Ok, je n’ai plus 20 ans.
Mais je n’ai pas envie d’en paraître 50.

Mon corps ne me va plus.
Je ne me plais pas.
Mon corps ne représente pas la personne que je suis en train de devenir.

Je pourrais accepter, accepter de ne pas correspondre aux critères de beauté trop répandus.
Du zéro défaut,
Du culte du corps jeune.
Je pourrais me dire que je peux l’aimer ce corps.
Qu’après tout ce n’est pas si important.
Que le corps n’est que le véhicule de mon âme.
Que j’ai la santé et que c’est tout ce qui compte.

Mais je n’y arrive pas.
J’ai toujours envie de me cacher un peu dénudée.
L’été.
L’hiver je fais diversion…
Sauf quand le soir venu, je fais tomber le masque.
Je rentre mon ventre, essaie de trouver le bon profil, rien n’y fait…

Alors il me reste quoi ? Faire du sport ? Mais quand ?
Courir ? Je suis au top sur un 100 mètres en crachant mes poumons.
Mais courir 30 minutes j’en suis incapable.
Pas sûre que mes genoux le supportent d’ailleurs (quoi j’essaie de me trouver des excuses ??).
J’ai très envie d’aller en salle faire de la muscu. Retonifier tout ça. J’en ai eu fait étudiante, trois fois par semaine, je crois ne jamais avoir eu à nouveau un corps comme cette année-là.
Mais est-ce que je vais oser y aller, moi qui ai honte de ce corps,
Y aller seule, moi la timide (si si on dirait pas mais je le suis…).
Assumer.
Me donner le temps, du temps, que je mérite, pour m’aimer, et recontacter ce corps
Le choyer…
Et tenir, sur la durée.

En attendant, j’agrémente les marques de ma vie et de ces vies données de marques choisies et plus jolies.
Un tatouage qui me rend belle à mes yeux et qui compte beaucoup pour moi symboliquement.
Et après ?

Et si je me bougeais ??

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