Périnée périmé ?

Cela fait un moment que ce billet me trotte dans la tête. En vous lisant, celles qui me suivent sur Facebook, Twitter mais aussi les copines, je me devais de parler du périnée car nombreuses sont celles qui me disent alors que leur petit dernier a sorti déjà ses premières dents « ah non je n’ai pas encore fait ma rééducation du périnée ». Et là j’ai mal pour vous. Autant l’épisiotomie peut traumatiser notre intimité, autant ne pas s’en occuper en rééduquant notre périnée est aussi dommageable.
Je me suis dit qu’il fallait que je prenne mon courage à deux mains et que je vous dise : « Nonnnn laisse pas tomber ton périnée !!!! » Occupez vous de votre périnée les filles !!

Mais si, le périnée !!
M’enfin…
Alors si à ce mot tu te dis, « le quoi ? », c’est que :
1) tu n’as pas eu d’enfant ;
2) tu es enceinte mais tu n’as pas encore fait de cours à la préparation pour l’accouchement ;
3) tu es un homme (auquel cas ce qui suit peut aussi être utile puisque toi aussi, tu as un périnée, et non, ce n’est pas qu’un truc de gonzesse).

Le périnée, en vrai, c’est la vie.
C’est un muscle – le plancher pelvien- qui soutient à peu près tout tes organes tels que la vessie, le vagin, l’utérus et le rectum à l’intérieur de toi. Rien que ça. Autant te dire qu’il est juste… primordial.

plancher pelvien

Tu risques quoi si tu ne fais pas de rééducation du périnée ?
DE MOURIR !!
Mais non, je plaisante.
A la limite mourir de honte parce que dans quelques années, ou décennies soyons positives, tu ne pourras plus rire sans te faire pipi dessus, littéralement.
Je vois que là, ça te parle.
(Je précise que les coureuses de fond peuvent aussi avoir des problèmes de périnée, la course malmenant le périnée à cause des impacts au sol. Les grandes sportives tout court, ça c’est par . Le sport idéal serait le vélo elliptique. Donc attention : course + périnée pas rééduqué = catastrophe probable.)

Les fausses idées :
– J’ai eu une césarienne donc je n’ai pas besoin de rééducation : ce n’est pas forcément vrai. Il ne faut pas oublier que ton bébé tu l’as porté 9 mois. Les hormones assouplissent les ligaments. En gros, son poids a pesé sur tes organes, ta vessie et donc par la même sur ton périnée. Donc si, même si tu as une césarienne, il faut t’occuper de ton petit périnée.
– Je n’ai pas fait pas rééducation après la naissance c’est trop tard : FAUX ! Toute la vie on peut faire une rééducation du périnée !
– Je n’ai pas l’argent pour faire une rééducation en dehors du suivi de grossesse : c’est pas grave, toute la vie on peut demander une rééducation. Si elle est remboursée à 100 % dans le cadre du suivi post-grossesse, elle est remboursée à 70 % avec une prescription de votre sage-femme – qui, je le rappelle font aussi des suivis en dehors des grossesses pour la contraception et tout un tas de choses – ou de votre gynécologue. Je crois me souvenir qu’une séance coûte 18 euros. Je te laisse faire le calcul de ce qui te reste de ta poche. Ça reviendra toujours moins cher qu’acheter des Tena quand tu auras 50 balais hein. Réfléchis.

Les techniques

Il existe tout un tas de technique, avec ou sans sonde. (ouais, un truc qui ressemble de très très près à un vibro… et que tu vas commander en pharmacie… et que tu t’enfiles en séance voilà voilà…)

    • – Rééducation manuelle :

Tu as donc la version classique manuelle : ça ressemble donc à un toucher vaginal – index et majeur – et on fait des exercices. Le praticien peut ainsi voir si les muscles du vagin travaillent.
Sans sonde, il y a aussi la CMP, et je vous laisse avec l’une des neuroneuses des Vendredis Intellos pour vous la présenter, La Tellectuelle. J’ai testé cette méthode après mon premier accouchement et c’est vrai que cela m’a permis de vraiment appréhender cette zone.
Après la rééducation manuelle, c’est aussi parler avec sa sage-femme… pendant qu’elle te fait un toucher vaginal de 15 minutes. Je n’étais pas très à l’aise, mais j’ai tenu bon, motivée par le fait de retrouver une continence totale d’un point de vue urinaire. Et ça, ça motive.

    • – Rééducation avec sonde

Deux techniques :

– l’électrostimulation : les muscles sont stimulés via des décharges électriques. Non je plaisantes, c’est un léger courant électrique. Cela ne fait pas trop mal. Pour ma part, je ressentais de léger picotements super désagréables.
– le biofeedback : un peu le même principe de faire des exercices comme en rééducation manuelle, mais cette fois c’est la sonde qui « contrôle » les contractions faites du vagin. Souvent c’est un programme sur ordinateur qui guide la patiente dans des exercices de contraction et de relâchement.

Il n’y a pas de bonne ou mauvaise méthode. La CMP est cependant plus efficace à long terme puisqu’elle permet vraiment de bien s’approprier cette partie du corps, en rééducation mais aussi à la maison et pour le restant de sa vie.
Après mes deux accouchements, les rééducations que j’ai suivies étaient toutes les deux mixtes. La première mélangeait CMP et biofeedback et électrostimulation. La deuxième CMP et électrostimulation.

Sinon tu peux aussi acheter des boules de Geisha comme ma copine d’amour Baby Pop. (même si je ne comprends pas trop l’action mécanique…)

Bref, la rééducation, il ne faut pas s’en passer. C’est aussi un moyen de commencer à se réapproprier ton corps si tu en as un peu perdu le lien, rapport au fait que tu as quand même passé 9 mois étranges, et sorti un être par ton intime intimité. Le must : laisser son bébé au papa pour y aller seule.

Pour en savoir plus c’est par là http://www.sages-femmes-idf.fr/reeducation-perineale.html

Les recommandations de l’Anaes : http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/recos_finales_post_partum_2006.pdf

 

 

 

Le club VIP des mamans

Il y a un endroit où les langues se délient souvent.
Loin des oreilles des papas : au square.
J’adore y aller avec mes deux zazous. (Oui j’y vais même pas sous la torture.)
Pour eux, mais soyons honnête, pour moi aussi.
Souvent, au détour d’un soupir, d’une énième crise qui a lieu au toboggan, on se livre, on se confie.
Et on vide son sac.
Et là, on se rend compte qu’on n’est pas seule à ressentir des choses au-delà du réel pour la plupart des gens.
Surtout ceux qui n’ont pas d’enfant.
Et je me disais en mon for intérieur qu’entre mamans, on partage des secrets.
Des secrets uniques.

Et puis ceux plus universels.
Tu sais, ces secrets dont on ne parle jamais.
Ces secrets que je sais que tu sais que je connais aussi.
Ceux qui te font pencher la tête sur le côté avec un regard qui dit « je sais par où t’es passée » quand tu croises une autre jeune maman (ou moins jeune).
Ces secrets d’ancienne parturiente.

Ces petits désagréments de grossesse.
Les poils qui poussent.
Le nez tout sec.
Les ronflements qui empêchent tout le monde de dormir : les tiens, pas celui de ton mec.
Les gaz. Tu te transformes en usine à gaz, pour de vrai.
Les crises limite boulimiques quand tu as la dalle.
(Ou de nymphomanie, c’est selon.)
Les décharges d’électricité dans le col de l’utérus qui te font hurler en pleine rue.
Les lubies complètement venues d’un autre monde : une envie de carré plongeant alors que tu as les cheveux longs depuis tes 14 ans ou alors une envie de tee-shirt Audigier alors que t’es du genre noir uni de la tête aux pieds.
Ces coups de Stromboli où toi, la douce colombe, tu serais capable de décapiter un chaton mignon avec tes ongles s’il te regarde un peu en biais. Juste deux millisecondes.
Ou ce bœuf tartare que tu envisages carrément alors que tu es végétarienne convaincue de longue date.
Tes entrailles que tu ressens grâce aux coups de bébé. Trop mignon. Ou pas.
Ce ventre rond qui te fascine et te fait complètement flipper quand il devient carré. Ou hexagonal.
Ces peurs débiles comme avoir peur de pousser bébé en même temps qu’aller aux toilettes.
D’ailleurs en parlant de faire caca, tu le sais qu’elle aussi à fait popo au moins une fois devant tout le monde, ce jour le plus beau de sa vie : à la naissance de son enfant. Et oui on ne pousse pas que bébé. A la limite sur bébé.
Et puis cette phobie de la toxoplasmose. LE truc qui te fait flipper pendant 9 mois. Et que personne ne connaît.
De la listériose.
Et tout plein d’autres trucs dont tu as peur de crever enceinte.
Comme mourir écrasée par ton ventre. Ou tes seins. Voire les deux.

Et une fois le mouflet né, ce n’est que le début.
Ce sphincter, qui te fait défaut. Rohhh, dis-donc bébé, t’as fait un pétou ! Hum…
Ou ces points de l’épisiotomie qui te fait marcher tel un cow-boy.
Ces jeans de grossesse qui restent tes meilleurs amis les premières semaines. Ou les premiers mois.
Cette monomanie du bébé qui se met en place insidieusement : tu vis bébé, tu parles bébé, tu dors bébé, tu manges bébé, tu fais caca bébé.
Ta vie était un vide intersidéral avant ton BÉBÉ. (Enfin, c’est la conclusion qui te vient à l’esprit.)
Tu as des images HORRIBLES qui te traversent la tête, la fatigue aidant, version La main sur le berceau : tu te vois tomber le bébé dans les bras, ou pire, pour une fois qu’il dort 45 minutes d’affilée… tu cours dans la chambre car tu es persuadée qu’il ne respire plus.
Tu pleures… devant son tout petit body taille 1 mois qu’il a porté à la sortie de la maternité.
Tu pourrais même chialer devant une bouteille de liniment vide d’ailleurs. Les hormones qu’ils disent.
D’ailleurs au final, tu préfères pleurer que rire, car au moins tu ne mouilles pas ta petite culotte. (A moins de vraiment pleurer beaucoup beaucoup.)
Oui culotte, parce que les strings, ce n’est plus pour toi : entre les hémorroïdes, la bouée post-grossesse… comment dire, je te fais pas de dessin hein.
D’ailleurs tu t’en fiches de comment tu t’habilles, car tu sais qu’avant la fin de la journée tu auras écumé 27 bavouilles, 12 vomitos voire un essuyage de nez ou de bouche au chocolat de ton aîné. Alors autant que ça soit pas sur ton pull en cachemire Zadig et Voltaire payée en soldes avec tes économies, lesquelles servent uniquement aujourd’hui à engraisser le marché de la puériculture et des vêtements pour enfants.

Puis il y a ces secrets que l’on ne partagerait pour rien au monde.
Ces instants fragiles, comme suspendus.
Un câlin au milieu de la nuit de ton tout-petit épuisé de pleurer.
Un « je t’aime » de ton aînée accompagné d’un baiser.
Des éclats de rire qui résonnent à tes oreilles et jusqu’au fond de ton cœur.
Ces milliers de pâquerettes cueillies par leurs soins.
Et tout le bonheur qui entrecoupe les chagrins, les bobos, le quotidien.

Ouais, je suis dans le club VIP des mamans, l’accès coûte cher mais je suis heureuse d’être dedans.

20140708-235823.jpgDonc ces petits pieds, quand t’es maman, t’as juste envie de les BOUFFER

Entre leurs mains… Nos vies naissent

entre leurs mainsEntre leurs mains.
C’est le film qui a agité ma TL hier après-midi. Le film qui a fait grand bruit.
Et qui m’a émue aux larmes… et qui m’a mise en colère.
Ce n’est pas un film à 4 millions de dollars pourtant.
Pas d’effets spéciaux.
Pas de tête d’affiche et de super star au cachet faramineux.

Entre leurs mains c’est juste un film qui parle de moi, de toi, de nos bébés.
Qui parle de l’humanité même finalement.
De sa naissance plus exactement.

Une naissance unique, et non pas une parmi tant d’autres. Un numéro, une salle, dans un endroit froid. Systématiquement médicalement assistée. Systématiquement déshumanisée, dénaturée.
Une péri pour ne rien sentir.
Un lit pour ne pas être un élément perturbateur.
Pas assez de bras pour être épaulée, pas assez de temps pour être respectée, pas assez d’argent pour être bien entourée. Balivernes.

Oui la médecine permet des miracles, elle sauve la vie de mamans, de bébés.
Mais pourquoi s’impose-t-elle quand cela n’est pas nécessaire ?
Qu’a-t-on fait à l’humanité ?
On l’a budgetisé, rentabilisé, voire oublié.

Qu’a-t-on fait ? Mais qu’a-t-on fait pour que ces femmes et ces hommes qui nous accouchent à la maison… Soit dans l’illégalité ?? Il y a 50-60 on accouchait à la maison. Pourquoi n’en a-t-on plus le droit aujourd’hui ? C’est ça le progrès ??

Si j’avais peur de ne pas réussir à accoucher sans péridurale, l’idée d’accoucher à la maison ne m’a jamais traversé l’esprit. Par peur, par manque de confiance en moi. Parce que le corps médical nous persuade que nous avons besoin d’eux. Pourtant, j’en parle aujourd’hui. Parce que s’il y avait un 3e, il naîtrait à la maison sûrement parce que je ne pourrais pas faire autrement. Parce que j’ai eu la chance de n’arriver à la maternité que pour accoucher, avec une équipe super. Sans péri. Que finalement, cet enfant, il est né tout seul.
Parce qu’il faut que nous nous élevons d’une seule voix, pour que nous soyons libres d’accoucher comme nous le souhaitons, pour que nous disposions de notre corps, surtout à ce moment. Pour que l’accouchement nous appartienne à nouveau, à nous, les femmes, qu’il nous revienne entre nos mains.

Pour arrêter ces mensonges : chaque femme sait accoucher, chaque femme détient ce savoir. On nous fait croire le contraire. Nous avons besoin d’être accompagnées pas assistées. Juste épaulées pas destituées de cet instant magique et si intime.

Juste d’être respectées.

Non la médicalisation n’est pas toujours une sécurité, cela peut aussi être un risque : plus d’hémorragie grave à cause du suremploi de l’ocytocine, plus de risque donc pour la mère. Et pour l’enfant ?
Lisez les études !
Faites tourner ces informations !

Regardez ce film ! Parlez-en !
Soutenons les sages-femmes qui se battent pour cette dignité !

  • Voici quelques billets qui parlent de ce film, sans doute mieux que moi. Faites passer !!

Dix lunes
La Poule Pondeuse
Madame Sioux
Carnet d’un passeur (le point de vu d’un sage-femme exerçant en maternité)
Farfadoc
Ni sorcière ni fée
Mamanonyme

  • Et des récits d’accouchement à domicile et sur des billets sur le droit à l’AAD :

Nad’in Box (et son parcours pour avoir son AAD et c’était pas gagné) avec son beau récit sur son AAD de son Pouletto
et sa tristesse face à un accouchement qu’elle voulait à domicile
Caro La Cheche

  • Pour nous, pour eux, la pétition Nos sages-femmes assurent, assurez-les : ici.

20140105-103549.jpgLa page Facebook de Entre leurs mains.
Le site.

(N’hésitez pas à laisser en commentaire d’autres récits ou d’autres présentations de Entre leurs mains ! Merci !!)

Où je te parle de mon intimité après l’accouchement {avec du cadeau Saforelle à l’intérieur}

Billet indépendant rémunéré

logo-saforelle-base-lineT’as remarqué, si tu me lis, je suis plutôt du genre sensible. Je parle des émotions hein.
Eh bien cette sensibilité est épidermique. Au sens propre du terme ! J’ai une peau douce, dixit l’Ours (non pas lavée avec Mirlaine), mais qui est sujette à bien des déconvenues : lucite estivale, démangeaisons diverses, peau qui tire et qui est déshydratée… et hypersensibilité aux étiquettes des vêtements (non mais sérieux, ça sert à quoi à part GRATTER ??). Tout cela me vaut d’être abonnée aux crèmes dermatologiques qui coûtent un rein. Qu’est-ce que tu veux, ma peau est snob ! Lire la suite